Examen CACES : 70 % au global, et 50 % dans chaque thème
La rédaction de Pulsoria · relu par Jérémie · Publié le 25 octobre 2026 · 12 min de lecture

En deux lignes
L'examen CACES se déroule en deux épreuves, le même jour ou à quelques jours d'intervalle. Un QCM d'abord, puis une évaluation pratique sur la machine, devant un testeur qui n'a pas le droit de vous avoir formé. Pour être déclaré apte, il faut 70 % de réussite sur l'ensemble et au moins 50 % dans chaque thème, aux deux épreuves. Si la théorie passe et pas la pratique, le résultat théorique reste acquis six mois : vous ne repassez que la pratique.
Vous avez suivi la formation. Vous savez à peu près où sont les commandes. Et vous vous demandez ce qui se passe vraiment le jour du test, qui vous regarde, et ce qui fait qu'un candidat sort avec son certificat quand son voisin repart les mains vides.
La réponse tient en une règle que la plupart des pages sur le sujet annoncent de travers.
L'essentiel
- Le seuil est double : 70 % sur l'ensemble, et 50 % au minimum dans chaque thème.
- Le testeur qui vous évalue n'a pas le droit de vous avoir formé.
- Théorie acquise et pratique ratée : vous ne repassez que la pratique, pendant six mois.
- Le certificat obtenu ne vous autorise pas encore à conduire sur votre lieu de travail.
Le seuil n'est pas 70 %. Il est de 70 % et de 50 %.
C'est l'exception qui fait l'article, donc elle passe en premier.
Presque tout le monde écrit que le CACES s'obtient à partir de 70 % de bonnes réponses. C'est la moitié de la règle. Les référentiels du dispositif imposent une seconde condition, indépendante de la première : obtenir au moins 50 % dans chacun des thèmes évalués.
Les deux conditions se cumulent. Un candidat qui totalise 82 % de réussite mais qui plafonne à 40 % sur un thème est déclaré inapte. Son score global ne le sauve pas. À l'inverse, un candidat régulier à 72 % partout passe sans difficulté.
Cette mécanique change la façon de réviser. La tentation naturelle est de miser sur ses points forts pour faire remonter la moyenne. Elle ne fonctionne pas ici. Un thème court, qui ne compte que quelques items, se perd avec une ou deux erreurs. La gerbe en hauteur, la lecture de la plaque de charge, les vérifications de prise de poste : ce sont des thèmes à part entière, pas des lignes noyées dans une moyenne.
La vraie faute éliminatoire du CACES, ce n'est pas une faute précise inscrite sur une liste nationale. C'est un thème passé sous 50 %.
Les deux épreuves en un tableau
| Épreuve | Durée | Seuil de réussite | Ce qui élimine |
|---|---|---|---|
| Théorique (QCM) | Minimum fixé par le référentiel de chaque recommandation, non identique de l'une à l'autre | 70 % sur l'ensemble et 50 % minimum dans chaque thème | Un seul thème sous 50 %, même avec 85 % au total |
| Pratique (sur la machine) | Variable selon la catégorie, et selon le nombre de catégories passées dans la session | 70 % sur l'ensemble et 50 % minimum dans chaque thème | Un thème sous 50 %, ou un comportement dangereux qui fait interrompre l'essai |
| Résultat | Communiqué par l'organisme testeur, pas par le formateur | Les deux épreuves doivent être acquises | Une épreuve ratée n'annule pas l'autre |
Un mot sur la colonne « durée », parce qu'elle est souvent remplie à la louche ailleurs. Il n'existe pas de durée nationale unique pour l'examen CACES. Chaque recommandation fixe un temps minimal d'évaluation par candidat et par catégorie, et ce temps n'a rien à voir entre un transpalette à conducteur porté et une grue à tour. Les chiffres ronds que vous lisez parfois (« une heure de théorie, une heure de pratique ») sont des moyennes d'organisme, pas une règle. La seule durée qui vous concerne est celle inscrite sur votre convocation : demandez-la.
Qui vous évalue, et pourquoi ce n'est pas votre formateur
Depuis la refonte du dispositif entrée en vigueur en 2020, le test n'est plus une formalité interne au centre de formation. Il est passé devant un organisme testeur certifié, lui-même contrôlé par un organisme certificateur accrédité. L'INRS décrit cette architecture dans sa présentation du dispositif CACES.
La conséquence pratique est simple, et elle surprend encore beaucoup de candidats : la personne qui vous évalue n'a pas le droit d'avoir participé à votre formation. Pas le droit de vous avoir appris le gerbage le matin et de vous noter l'après midi.
Cela se ressent dans la salle. Le testeur ne vous connaît pas, n'a pas vu vos progrès, n'a aucune raison de compenser une mauvaise manœuvre par le souvenir d'une bonne. Il remplit une grille. Il la remplit sur ce qu'il voit.
Si la même personne vous forme et vous teste, la session n'est pas conforme. Vous pouvez le vérifier avant de signer, en demandant simplement le nom de l'organisme testeur et celui du testeur prévu. Un organisme sérieux répond sans détour. Les 7 673 organismes habilités du catalogue CACES ne travaillent pas tous de la même façon sur ce point.
Avant d'entrer dans la salle
Trois documents reviennent systématiquement.
- Une pièce d'identité en cours de validité. Le certificat porte votre identité, le testeur la vérifie. Sans pièce, pas de test, et la place est perdue.
- La convocation, qui porte l'horaire, le lieu et les catégories présentées. Vérifiez les catégories : c'est le moment où l'on découvre parfois qu'on est inscrit en 1A au lieu de 1B.
- L'aptitude médicale, quand l'organisme la réclame. Attention à la logique ici : le CACES lui même n'impose pas d'examen médical, c'est l'autorisation de conduite délivrée ensuite par l'employeur qui en dépend. Beaucoup d'organismes testeurs demandent quand même le document à l'inscription. Demandez avant de venir plutôt que de l'apprendre sur place.
Si vous lisez difficilement le français, dites le au moment de l'inscription, pas le jour du test. Le dispositif n'impose pas un format unique de passation, et les organismes ne prévoient pas tous les mêmes aménagements. Posée trois semaines avant, la question trouve souvent une solution. Posée devant le QCM, elle n'en trouve aucune.
L'épreuve théorique : un QCM par recommandation, pas un QCM général
Il n'y a pas « un » QCM CACES. Il y en a un par recommandation, et le contenu suit l'engin. La réglementation applicable, les règles de conduite et de stationnement, la lecture des pictogrammes, les vérifications à effectuer, les risques propres à la machine : les thèmes sont ceux du référentiel de votre recommandation.
Les questions portent beaucoup plus sur la sécurité que sur la technique pure. Ce qui se vérifie dans un QCM, c'est que vous savez quand ne pas conduire, pas que vous connaissez le couple moteur.
Deux pièges classiques sur la forme. D'abord, les questions à plusieurs réponses justes : une réponse manquante compte comme une erreur, au même titre qu'une réponse fausse. Ensuite, les formulations négatives (« laquelle de ces situations n'autorise pas … ») qui font perdre des points à des candidats qui connaissent pourtant la réponse.
Et le rappel qui vaut pour toute la journée : viser la moyenne ne sert à rien si un thème s'effondre.
L'épreuve pratique : quatre thèmes font tomber la majorité des candidats
Les organismes testeurs ne publient pas de statistique nationale d'échec par item, et personne ne devrait vous en citer une. Ce qui est documenté, en revanche, c'est la structure de la grille. Quatre blocs concentrent l'essentiel des points perdus.
| Ce qui est évalué | Ce que le testeur attend | L'erreur qui coûte le thème |
|---|---|---|
| Vérifications de prise de poste | Un tour de machine complet, moteur arrêté, et les anomalies énoncées à voix haute | Faire le tour en silence, ou le faire après avoir démarré |
| Lecture de la plaque de charge | Trouver la capacité réelle à la hauteur et au centre de gravité donnés | Annoncer la capacité nominale de l'engin sans la corriger |
| Gerbage et dégerbage en hauteur | Mât vertical, approche lente, correction avant dépose, contrôle visuel | Lever en mouvement, ou déposer sans vérifier l'assise de la palette |
| Circulation en charge | Charge basse, mât incliné en arrière, marche arrière si la visibilité est masquée | Rouler charge haute, ou franchir une pente dans le mauvais sens |
Les vérifications de prise de poste
C'est le thème le plus sous estimé, parce qu'il ressemble à un rituel. Ce n'en est pas un : c'est une épreuve de langage autant que de geste. Le testeur ne peut pas cocher « a vérifié les fourches » s'il vous a vu passer devant. Il coche ce que vous nommez. Regarder un pneu ne vaut rien, dire « pneu avant droit, pas de coupure, pression correcte » vaut un point.
La plaque de charge
C'est la question qui révèle immédiatement si vous avez compris la machine ou seulement appris à la manœuvrer. Un chariot annoncé à 2 500 kg ne lève pas 2 500 kg à quatre mètres avec un centre de gravité déporté. Le testeur donne une hauteur et une distance, vous lisez l'abaque, vous annoncez la valeur. Pas de calcul mental approximatif, pas d'arrondi généreux.
Le gerbage en hauteur et la circulation en charge
Ces deux thèmes punissent la vitesse. En hauteur, tout se joue sur l'approche et sur la verticalité du mât. En circulation, sur la hauteur de la charge et sur la décision de reculer quand la palette bouche la vue. Un candidat qui roule charge haute pour gagner dix secondes perd le thème, et parfois l'épreuve, sans avoir rien cassé.
C'est aussi là que le testeur peut interrompre l'essai : si un comportement met en danger quelqu'un, l'évaluation s'arrête. Le détail des attendus dépend de votre recommandation, et il se lit sur la fiche officielle, par exemple celle de la catégorie 3 de la R489 publiée par France Compétences.
Échec partiel : ce qui reste acquis
Les deux épreuves sont indépendantes. Rater l'une n'efface pas l'autre.
Le cas le plus fréquent est celui du candidat qui valide le QCM et manque la pratique. Dans cette situation, le résultat théorique reste acquis six mois selon les référentiels du dispositif. Pendant ce délai, vous vous présentez à la seule épreuve pratique. Passé six mois, tout est à reprendre, QCM compris.
Ce délai est votre marge de manœuvre, et elle se gère activement. Six mois paraissent longs, mais entre la disponibilité du testeur, celle de la machine et la vôtre, une date se décale vite. Fixez le second passage dans les semaines qui suivent, pas en fin de période.
Le cas inverse existe aussi : pratique validée, théorie manquée. Même logique, et même recommandation : ne laissez pas le délai filer.
Un échec à l'examen ne vous interdit pas de conduire si vous disposez par ailleurs d'une autorisation de conduite valide, mais il constitue un signal que l'employeur ne peut pas ignorer. L'autorisation de conduite est délivrée sous sa responsabilité, au vu d'un contrôle des connaissances et du savoir faire. Un résultat d'évaluation négatif connu de lui et non suivi d'effet l'expose directement en cas d'accident.
Ce que coûte un deuxième passage
Aucun texte ne limite le nombre de tentatives. Le coût, lui, est bien réel.
Un nouveau passage financé par le CPF ouvre un nouveau dossier. Donc une nouvelle participation de 150 €, sauf si vous entrez dans un cas d'exonération : demandeur d'emploi inscrit à France Travail, ou co financement de l'employeur. Le détail des règles applicables figure sur notre page droits CPF.
Trois questions à poser à l'organisme avant de vous inscrire, et non après l'échec.
- Facturez vous le repassage de la seule épreuve pratique, et à quel tarif ?
- Ce repassage est il proposé comme une entrée au catalogue, ou comme une prestation d'évaluation facturée directement ?
- Le tarif annoncé au départ inclut il une seconde présentation, ou pas ?
Les réponses varient beaucoup d'un organisme à l'autre. Les montants publiés pour chaque formule se consultent sur la page prix du CACES, qui distingue les recommandations et le recyclage.
Plusieurs catégories dans la même session
Vous pouvez présenter plusieurs catégories d'une même recommandation le même jour. C'est le principe du lot CACES 1, 3 et 5, le plus demandé en logistique.
Trois conséquences concrètes.
La première : le QCM théorique ne se dédouble pas pour chaque catégorie d'une même recommandation. C'est l'épreuve pratique qui se répète, machine par machine.
La deuxième : chaque catégorie donne lieu à un certificat distinct. Échouer en catégorie 5 n'annule pas la réussite en catégorie 3. Vous repartez avec ce que vous avez obtenu.
La troisième : la journée s'allonge mécaniquement. Trois catégories, c'est trois évaluations pratiques complètes, souvent sur une demi journée au minimum. La fatigue sur la dernière machine est un facteur d'échec réel, et personne n'en parle dans les plaquettes. Si vous avez le choix, placez en dernier la catégorie que vous maîtrisez le mieux.
Les fiches détaillent les attendus par catégorie, par exemple le chariot frontal de la catégorie 3, le chariot à mât rétractable de la catégorie 5 ou la PEMP multidirectionnelle de la R486 catégorie B. Si vous hésitez encore sur la catégorie à présenter, l'article la catégorie dépend de l'engin conduit, jamais du métier exercé traite le sujet.
Vous avez réussi : il vous manque encore un document
Le certificat vous est délivré par l'organisme testeur, pas par le formateur. Demandez le délai d'édition dès la fin de la session : il n'est pas encadré de façon uniforme, et une prise de poste peut dépendre de ce papier.
Deux points à retenir sur la date.
La validité court à partir du test, pas de la fin de la formation. Elle est de 10 ans pour la R482 (engins de chantier) et de 5 ans pour les sept autres recommandations. Notez l'échéance le jour même : c'est l'oubli qui coûte le plus cher ensuite, et notre page recyclage existe précisément pour cette raison.
Surtout, le CACES n'est pas une autorisation de conduire. C'est l'employeur qui délivre l'autorisation de conduite, après avoir vérifié l'aptitude médicale, le contrôle des connaissances et la connaissance des lieux et des instructions à respecter sur le site. Sans ce document écrit, la conduite n'est pas régulière, même avec un certificat flambant neuf. Cette confusion est tellement répandue que nous lui avons consacré un article entier : le permis CACES n'existe pas. Dans le même registre, votre certificat vaut 5 ans, sauf s'il vaut 10 ans détaille le calcul de l'échéance.
Ce qu'il faut demander avant de signer
Un dernier point de méthode. Le catalogue public compte 33 certifications CACES et 7 673 organismes habilités à les préparer. Sur un marché aussi large, le prix seul ne dit rien de la qualité de la préparation à l'examen. Quatre questions discriminent mieux.
- Qui est l'organisme testeur, et le testeur est il distinct des formateurs du centre ?
- Combien d'heures de conduite effective sur la machine, et combien de candidats par machine ?
- La plaque de charge et les vérifications de prise de poste sont elles travaillées en situation, ou seulement en salle ?
- Que se passe t il en cas d'échec à la pratique, et à quel coût ?
Un organisme qui répond précisément à ces quatre questions vous dit à peu près tout ce que vous avez besoin de savoir. Le catalogue complet, organisme par organisme, est consultable sur la page CACES, et la liste des structures avec lesquelles nous travaillons sur la page partenaires.
Pulsoria ne vend aucune formation et n'est pas un organisme de formation. Nous publions ce que disent les fichiers officiels, nous listons tous les organismes habilités à égalité, et c'est vous qui choisissez celui que vous contactez.
Questions fréquentes
Quel est le seuil de réussite de l'examen CACES ?
Il faut obtenir 70 % de réussite sur l'ensemble de l'épreuve et au moins 50 % dans chacun des thèmes évalués. Cette double condition s'applique à la théorie comme à la pratique. Un candidat à 82 % de moyenne générale qui tombe à 40 % sur un seul thème est déclaré inapte.
Peut-on repasser seulement la pratique du CACES ?
Oui, si la théorie a été validée. Le résultat de l'épreuve théorique reste acquis six mois selon les référentiels du dispositif. Pendant ce délai, vous pouvez vous présenter à l'épreuve pratique sans refaire le QCM. Passé six mois, tout est à repasser, théorie comprise.
Le formateur peut-il être celui qui fait passer l'examen CACES ?
Non. Le dispositif impose que le testeur qui vous évalue n'ait pas participé à votre formation. C'est une règle de fonctionnement des organismes testeurs certifiés depuis la réforme de 2020. Si la même personne vous forme le matin et vous évalue l'après-midi, la session n'est pas conforme.
Combien de temps dure l'examen CACES ?
Il n'y a pas de durée nationale unique. Chaque recommandation fixe dans son référentiel une durée minimale d'évaluation par candidat et par catégorie, et cette durée varie selon l'engin. Le nombre de catégories passées dans la même session allonge d'autant l'épreuve pratique. La convocation de l'organisme testeur indique l'horaire réel.
Que se passe-t-il si j'échoue à l'examen CACES ?
Aucun texte ne limite le nombre de tentatives. En revanche, un nouveau passage financé par le CPF ouvre un nouveau dossier, donc une nouvelle participation de 150 €. Demandez à l'organisme s'il facture le repassage de la seule épreuve pratique, et à quel tarif, avant de vous inscrire.
Le CACES suffit-il pour conduire un chariot au travail ?
Non. Le CACES atteste que vous savez conduire en sécurité. C'est l'employeur qui délivre l'autorisation de conduite, après vérification de l'aptitude médicale, du contrôle des connaissances et de la connaissance des lieux. Sans ce document écrit, la conduite n'est pas régulière, même avec un CACES en cours de validité.


